Pêche de la truite au poisson nageur

J’aimerais vous parler un peu de ma technique de pêche favorite : la pêche de la truite au poisson nageur.

La pêche de la truite au poisson nageur, une technique passionnante

Je pratique essentiellement au poisson nageur en ruisseau et petite rivière, tout d’abord parce que c’est là que j’arrive le mieux à lire les postes. Et puis j’aime me faufiler dans les branchages pour accéder à des postes encombrés. Ces petits cours d’eau ne sont d’ailleurs quasiment pas pêchés aux leurres, ce qui est un avantage.

Le poisson nageur est une technique redoutable, pleine de finesse et plus variée qu’il n’y parait. En effet, on peut quasiment pratiquer cette technique toute la saison, avec succès, pourvu que l’on sache adapter son approche, son animation et son leurre aux conditions rencontrées. La pêche de la truite au poisson nageur attire de plus en plus de pêcheurs. Depuis le rapala en balsa, les leurres ont évolués. Aujourd’hui, le marché est innondé par les leurres japonais, qui sont de vrais bijoux parfois déconcertants de technologie.

En début de saison, les truites fatiguées par la fraye et l’hiver sont à la recherche de grosses bouchées au moindre effort. Les eaux froides influent également directement sur l’activité de nos truites. Pour tirer son épingle du jeu dans ces conditions, il faudra pêcher lentement et proche du fond. A cette époque, il est rare de trouver une truite en plein courant. C’est donc essentiellement en bordure, ou dans les contre courants que l’on soignera son animation, en variant le rythme de sa récupération. Rien de tel qu’une animation ponctuée de “décrochages” du leurre, pour donner l’impression d’un petit poissonnet en difficulté dans le courant ou malade, une proie facile susceptible d’intéresser dame fario.

Ce poste peu profond peut être abordé avec un tiny-fry. Pour le pêcher lentement, il est indispensable de l’aborder en amont, ce qui s’avère difficile pour des questions de discrétion car l’eau est clair et la bordure dégagée. Il faut donc se placer le plus loin possible en amont, approcher lentement sans mouvements brusques et sans faire de bruit. Pour ne pas trop agiter ma canne, je laisse tranquillement couler mon poisson nageur jusqu’en aval du poste et puis je commence mon travail d’animation.

Pour faire travailler le poisson nageur de façon optimale il est impératif d’aborder les postes par l’amont, pour pouvoir appuyer son animation sur le courant. Cette approche est habituellement contre indiquée pour pêcher la truite qui a toujours le nez face au courant. Sur des rivières plus large, ce problème de discrétion se pose moins, même par eau claire, car on peut pratiquer en lançant son poisson nageur 3/4 amont et en contrôlant la dérive pour finir l’animation jusqu’à ses pieds. En ruisseau, les lancers sont très courts car les postes étroits, tout est bon à prendre pour rester discret. Utilisez la végétation dès que vous le pouvez.

Pour le matériel, j’utilise une canne de 2m10, pratique pour contrôler la dérive, d’action plutôt raide, type pointe ou semi-parabolique pour bien pouvoir animer mon poisson nageur.  Pour le moulinet, il est important d’avoir une récupération rapide, on dira pas moins de 70cm par tour de manivelle. J’utilise des nylons entre 12 et 16/100èmes selon la période de la saison, parfois un peu léger pour brider correctement un beau poisson sur des postes souvent encombrés. Certains utilisent de la tresse, pour sa résistance à de faible diamètres et son absence d’élasticité qui s’avère pratique pour l’animation du leurre. Personnellement, en ce qui concerne la truite, je reste encore sur la valeur sure du nylon. A vous de vous forger un avis ! Sur des rivières plus grandes, une canne classique à vairon manié pourra très bien faire l’affaire.

 

En ce qui concerne la taille des leurres. En ruisseau, je pêche avec des poissons nageurs qui ne dépassent pas les 5cm. Peut-être à tort, car la truite, comme la plupart des carnassiers à bien souvent les yeux plus gros que le ventre. Sachez aussi qu’un gros leurre ne sélectionnera pas forcément un gros poisson et qu’une belle truite pourra fondre sur une proie de la taille d’un alevin. Je vous invite à faire vos propres expériences, l’essentiel est d’essayer des choses, de ne pas rester sur des idées préconçues et surtout de pêcher en confiance avec votre leurre.

 

En ce qui concerne les coloris : les coloris naturels restent des valeurs sures. J’affectionne particulièrement le coloris truitelle, car rappelons le, la truite est cannibale. Baser le choix de son coloris sur les petits poissons fourages du cours d’eau me semble pertinent. Les coloris plus flashy permettront de pêcher dans des eaux légèrement teintées.

Voici quelques-uns des poissons nageurs que j’utilise pour pêcher la truite: ( Inutile de s’encombrer avec trop de modèles qui resteront au fond de votre boite ;) Personnellement j’en ai déjà beaucoup trop ! )

Le rapala original flottant en 5cm est un grand classique. Son corps en balsa le rend très flottant et il plonge peu profondemment. Sa nage relativement droite et serrée peut-être animée par des petits coups de scions. Par oposition à une majorité de leurre japonais, ce rapala n’est pas muni de billes bruiteuses, ce qui peut faire la différence sur des poissons méfiants.

Le tiny-fry est un suspending ( c’est à dire de même densité que l’eau ). Il est devenu une référence en matière de poisson nageur à truite. Il frétille à merveille au moindre mouvement et s’anime comme un jerkbait, c’est à dire en petites secousses, ce qui provoque un désaxement du leurre redoutable. Il existe en 50mm et en 38mm.Voir l’article détaillé que je lui ai consacré.

Le “pointer” ou “b-freeze” 48 suspending fait également partie de la famille des jerkbaits. Il révèle tout son potentiel animé par une succession de “jerking”

Le Bevy shad de chez lucky-craft est également un suspending. Il s’avère très pratique pour pêcher plus en profondeur et insister sur les postes marqués pour le truites récalcitrantes

Le chubby est un petit crankbait. Comme tous les crankbaits, il dégage beaucoup de vibrations et sa forme trapue lui fait brasser beaucoup d’eau. Il ne passe pas inaperçu.

Le diving chubby est la version plongeante du chubby. Il permet donc de pêcher les postes profonds. Une animation en “bottom-tapping”, qui consiste à aller gratter le fond, vous permettra de déclencher l’aggressivité des truites planquées sur le fond.

L’avantage de ce petit crankbait, c’est son prix. Les poissons nageurs présentés ci-dessus coutent entre 10 et 15 euros, contrairement à celui-ci qui ne coute que 2 euros et pourtant il est aussi efficace, sinon plus. En effet, ce leurre vous permet de tenter des postes encombrés, où vous n’oseriez habituellement pas jeter l’un de vos précieux poissons nageurs.